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attariq aljadid

IDENTITÉ NATIONALE

samedi 14 janvier 2012

L’identité nationale, terme très à la mode. En Tunisie et ailleurs, politiciens et intellectuels l’évoquent souvent en parlant de conjoncture internationale ! On entend alors dire, qu’il ne faut jamais perdre l’identité, qu’il faut absolument préserver l’identité nationale et qu’une identité « forte » garantit la pérennité et le salut du peuple. Il y a même ceux qui poussent un cri alertant aux dangers menaçant l’identité nationale !

L’identité nationale, terme très à la mode. En Tunisie et ailleurs, politiciens et intellectuels l’évoquent souvent en parlant de conjoncture internationale ! On entend alors dire, qu’il ne faut jamais perdre l’identité, qu’il faut absolument préserver l’identité nationale et qu’une identité « forte » garantit la pérennité et le salut du peuple. Il y a même ceux qui poussent un cri alertant aux dangers menaçant l’identité nationale !

Perte, préservation, salut, dangers et menaces, poussent un citoyen tunisien à se poser les questions suivantes : C’est quoi l’identité nationale ? A quoi sert cette identité ? Qui et quoi menacent notre identité ? Et puis parce qu’il est tunisien il va se dire, hummm, pourquoi les politiciens nous parlent-ils d’identité ?

En « pilpoulant » ce même citoyen dit : Bon, l’identité nationale ou l’identité d’un peuple peut être assimilée à une sorte de noyau compact et homogène, cependant, magmatique non solide. Il renferme le plus petit dénominateur commun qui puisse exister entre les individus d’un groupe social ou d’un peuple. Il est donc susceptible de contenir : Les valeurs, les principes, les traditions, les croyances, les conventions… A un instant donné, ce noyau est généralement le résultat d’un cumul d’apports provenant de diverses civilisations, cependant, il peut être aussi le résultat d’un travail intellectuel émanant du peuple. Ce noyau, peut être principalement, assimilateur ou expulseur. Assimilateur si la société est capable d’adopter, par apport externe ou par auto génération, entres autres, de nouvelles valeurs. On parle alors de société ouverte sur le reste du monde, disposant d’un noyau identitaire capable de s’enrichir de jour en jour. Expulseur si la société s’érige comme une digue faisant systématiquement barrage à toute innovation venant de l’extérieur, et dans des cas extrêmes même de l’intérieur. On parle alors de société incapable de suivre la cadence du développement du reste de l’humanité.

Jusqu’à aujourd’hui l’humanité n’a cessé de se développer. Développement assuré par l’apport en richesses, que chaque peuple transmet à travers à sa propre identité, et qu’il offre à l’ensemble de la communauté terrienne.

Au sein de la société universelle tout est richesse. Concrètement c’est un marché identitaire international, une sorte d’immense bourse de valeurs dont les titres ne sont rien d’autre que la science, l’art, l’idéologie, la croyance, le mode de vie… Chaque peuple, groupe social ou nation, détient grâce à sa réserve culturelle une part de chaque valeur de cette bourse.

C’est avec les berbères, Carthage et puis Rome, le judaïsme, le christianisme et l’islam, l’occupation arabe puis française au cours de trois mille ans d’histoire que l’identité actuelle du peuple tunisien s’est forgée. Identité grâce à laquelle la Tunisie, dans cette bourse internationale, interagit et gagne sa place au milieu des autres nations, et surtout une place de leader du monde arabe au regard des libertés et du développement humain.

Au niveau de la nation, l’identité permet à la Tunisie de se positionner sur le plan international. Au niveau du citoyen c’est sur la base de cette identité qu’un tunisien construit sa personnalité ; c’est en sondant cette identité qu’il peut trouver la réponse à la question « qui suis-je ? », c’est en ayant conscience de sa propre identité qu’il échappe au mal de vire et, plus pragmatiquement, c’est au quotidien qu’il peut s’épanouir au sein d’une société qui partage ses valeurs et exerce ses principes.

Le marché identitaire international présente le risque d’une perte des valeurs (déculturation) dont les islamistes sont bien conscients. Et c’est à travers les medias de masse islamo-arabes qu’une tentative d’appauvrissement intellectuel est orchestrée à l’encontre du peuple tunisien, et à travers de messages lapidaires destinés à infantiliser la population. On entend alors des slogans comme « nous serons un peuple vainqueur ou mort » pour nous inculquer une culture de la mort qui n’est pas la notre.

La Tunisie, grâce à son pare-feu identitaire, est un terrain peu fertile au développement de ces idées moyenâgeuses car on sait ici que si la barbe peut servir de bavoir et le voile de capote cérébrale, ils ne représentent cependant pas un moyen de développement.

Au niveau politique la protection de l’identité nationale présente un intérêt stratégique, pour pouvoir, par exemple, lutter sans violence contre l’obscurantisme.

En revanche la trans-culturation est tunisienne, quelle que soit la génération. C’est grâce à cette composante que nous avons aujourd’hui la réputation d’être un peuple ouvert, tolérant, libre et modéré. Le conservatisme, l’antisémitisme, l’obscurantisme… sont autant de termes ignorés par la société tunisienne.

En travaillant un tunisien aujourd’hui défie le destin, mais en aucun cas ne défie hostilement un autre peuple.

Tarek Ben Ameur


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