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Le Temps : Interview de M. Ahmed BRAHIM, Premier Secrétaire du Mouvement Ettajdid

Notre attitude est et restera celle du dialogue, de l’ouverture et de l’attachement à l’unité la plus large

mercredi 29 août 2007

Le Mouvement Ettajdid a tenu les 27, 28 et 29 juillet 2007 son 2e congrès en intégrant des indépendants qui ont participé aux travaux du congrès.

Duquel congrès a été issue une nouvelle direction notamment un Premier Secrétaire, Ahmed Brahim qui a remplacé Mohamed Harmel à la tête du parti consacrant ainsi l’alternance.

A l’occasion de la rentrée politique, nous invitons le nouveau Premier Secrétaire. Il nous parle ici du déroulement des travaux du congrès, de ses résultats et du mécontentement de certains congressistes qui ont préféré se retirer ainsi que des nouvelles perspectives du parti. Interview :


  • Le Temps : Plus de trois semaines après la fin du congrès d’Ettajdid, que doit-on retenir de cet événement ? Quelles en sont les nouveautés ?

De l’avis de tous les observateurs, ce congrès a été un succès incontestable sur la voie de la construction d’un mouvement démocratique et progressiste unifié et puissant capable d’influer positivement sur le rapport des forces. Il a constitué sans aucun doute un événement marquant et quelque chose d’éminemment nouveau et original dans la vie politique nationale. D’abord, dans son mode de préparation et dans le déroulement de ses travaux jusqu’à leur terme, ce congrès n’avait rien de traditionnel puisqu’il a été réalisé sous le signe du partenariat entre les membres d’Ettajdid et un grand nombre de militants qui étaient jusque-là « indépendants » mais qui ont pris conscience de la nécessité de s’organiser et de participer avec nous, sur un pied d’égalité, dans la mise en œuvre d’un processus de co-fondation d’un cadre politique démocratique, moderniste et progressiste de type nouveau fondé sur la dialectique de la diversité et de l’unité. Ensuite, les textes que les congressistes ont adoptés à l’unanimité ou à la quasi-unanimité, après des débats passionnés, parfois houleux, témoignent de ce pari d’ouverture que nous avons réussi ensemble. Enfin, la direction élue par le congrès sur la base de la parité entre tajdidistes anciens et tajdidistes nouveaux, en tenant compte autant que possible de la diversité des sensibilités parmi les uns et les autres, concrétise non seulement l’alternance (dans la continuité avec les grands acquis politiques de notre mouvement), mais aussi et surtout la volonté de parachever et de consolider la dynamique d’unification. Je dis bien « parachever » car nous sommes conscients des insuffisances sur ce plan, et nous sommes déterminés à prendre toutes les initiatives et toutes les mesures politiques et organisationnelles pour que tous les cadres qui ont contribué au processus de rénovation et d’unification mais dont nous n’avons pas pu - ou pas su - réaliser la représentation au sein de notre Conseil central soient effectivement et positivement associés à la poursuite et au développement de notre œuvre commune.

  • Le Temps : Mais ce congrès, qui devait être un congrès unificateur, ne semble pas l’avoir été totalement. Plusieurs indépendants et même des membres d’Ettajdid auraient claqué la porte. Quelles en sont, d’après vous, les conséquences sur l’avenir du parti ?

Comme je vous l’ai déjà dit, le fait que ce congrès tenu sous le mot d’ordre du « processus unificateur » a été incontestablement un grand succès ne signifie pas que ses résultats aient été parfaits, ni qu’ils aient été totalement au niveau de toutes nos attentes et de toutes nos ambitions. Ce dont je suis sûr, c’est que, grâce aux acquis mêmes que le congrès a permis de réaliser, nous avons non seulement la volonté politique mais aussi les moyens pratiques de consolider l’unification de nos forces et de l’élargir à d’autres forces, de plus en plus nombreuses, qui ont bien compris qu’un véritable tournant vient d’avoir lieu...Reste qu’il est vrai que quelques uns parmi les congressistes - et non pas « plusieurs » !- ont manifesté au moment de l’élection du Conseil central un certain mécontentement, ce qui arrive dans tous les congrès démocratiques, encore bien de l’eau ait coulé sous les ponts depuis cette date et que bien des malentendus aient été levés, comme en témoigne le fait que le premier secrétaire et le Comité politique du mouvement ont été élus à l’unanimité. Cela étant dit, je suis le premier à reconnaître que des efforts sérieux d’ouverture doivent être faits en direction de tous ceux - quel que soit leur nombre et quelle que soit leur appartenance passée (membres ou non d’Ettajdid) - qui peuvent estimer, à juste titre, n’avoir pas eu la place qu’ils méritent. Avec l’esprit ouvert et unitaire qui est le nôtre, nous sommes donc en droit d’envisager l’avenir de notre mouvement avec confiance et détermination.

  • Le Temps : N’empêche que ces dissidents dont je vous ai parlé accusent des membres de la commission des adhésions d’avoir gonflé artificiellement le nombre de congressistes pour créer une majorité artificielle au sein du congrès et brouiller ainsi les cartes. Qu’en pensez-vous ?

Franchement je n’ai pas connaissance d’une quelconque « dissidence » ! Tout ce que je sais, c’est qu’un certain nombre de personnes - dont la plupart ont d’ailleurs considérablement relativisé les choses depuis le congrès - avaient exprimé à un certain moment, comme je vous l’ai déjà dit, des réserves sur la composition du Conseil central élu par le congrès. Ces réserves étaient, il faut le souligner, de nature plutôt politique, et non pas statutaire... C’est pourquoi je suis étonné de vous voir vous faire l’écho de rumeurs fantaisistes, dont j’entends parler pour la première fois, sur un prétendu « gonflement artificiel » du nombre de congressistes dont auraient été coupables des membres de la « commission des adhésions » !! Cette commission avait été chargée fin avril par le Comité national paritaire de préparation du congrès d’élaborer la liste des adhérents et des congressistes. Elle était elle-même constituée sur une base paritaire (membres d’Ettajdid et « indépendants ») et toutes les sensibilités sans exception y étaient représentées, étant entendu que son travail devait se terminer avec l’ouverture du congrès, et c’est effectivement ce qui s’est passé, puisque celui-ci a commencé ses travaux, comme tous les congrès, par l’élection d’une « commission de vérification des mandats » tout à fait différente. Notez que c’est à l’unanimité de ses membres que cette commission a proposé, par la bouche de son rapporteur, Me Néjib Halouani, la validation de la liste des congressistes, proposition approuvée par l’ensemble - je dis bien l’ensemble - du congrès, lors d’une séance qui était, soit dit en passant, co-présidée par Mme Sana Ben Achour et M. Mohamed Ali Halouani... Tout cela pour dire que, logiquement et sur le plan de l’éthique, les rumeurs bizarres et les contrevérités du type de celles dont vous avez fait état ne peuvent en aucun cas provenir de congressistes, quelles que soient par ailleurs les appréciations des uns ou des autres à propos des résultats du congrès...

  • Le Temps : Ce parti a vu l’entrée d’un grand nombre de personnalités indépendantes ayant joué un rôle de premier plan dans la fondation et l’animation de l’Initiative Démocratique. Cela signifie-t-il qu’Ettajdid rénové est censé se substituer à cette dernière ?

Pas du tout ! la raison d’être et l’ambition de notre parti est de mettre toutes ses forces et toutes ses compétences au service de la construction d’un pôle démocratique et progressiste large et puissant capable à la fois de jouer le rôle d’un contre-pouvoir et de se proposer aux citoyens comme un pouvoir alternatif porteur d’un projet de démocratisation, de modernité et de justice sociale et capable de réaliser la transition vers la démocratie tout en en développant les acquis nationaux et en les préservant contre les risques de régression inhérents à d’autres projets qui instrumentalisent indûment la religion. Même si la plupart des militants naguère indépendants ont dépassé leurs réserves passées à l’égard de l’appartenance organique et occupent aujourd’hui une place de premier plan dans notre parti rénové, il en est d’autres qui doivent pouvoir jouer pleinement leur rôle au sein d’une mouvance souple telle que l’Initiative Démocratique, sans parler des mouvements organisés qui ont déjà fait un bout de chemin important avec nous dans le cadre de cette même mouvance et de tous les autres que nous espérons gagner à notre grand projet d’unification des forces démocratiques et modernistes.

  • Le Temps : Mais la constitution de ce parti avait démarré avec l’Initiative démocratique et le symbole de celle-ci est Mohamed Ali Halouani, candidat à la présidence de la République en 2004. Or ce dernier a démissionné et contesté la légalité du congrès. Qu’en pensez-vous ?

Vous savez, les grands projets historique ont ceci de fort qu’ils ne dépendent pas des évolutions qui peuvent survenir dans les choix personnels de tel ou tel de leurs cadres, quelle que soit l’importance symbolique ou réelle que ceux-ci puissent avoir eue à un moment ou un autre de nos luttes, lesquelles doivent transcender et transcendent en effet toutes nos individualités sans exception car nous ne sommes que des « passeurs de témoin » et nous nous devons de jouer notre rôle avec toute l’humilité requise. Concernant la démission de Mohamed Ali Halouani, je ne peux que la regretter, même si j’éprouve encore beaucoup de difficulté à en comprendre les motivations et surtout la cohérence : cohérence avec notre parcours commun et avec les décisions prises à l’unanimité par notre mouvement et son Conseil national - dont il était le président - d’ouvrir notre congrès, de le préparer et de le tenir dans le cadre du partenariat total ; cohérence avec les décisions du Comité paritaire de préparation du congrès, dont il était membre et même rapporteur de l’une de ses commissions ; cohérence avec les travaux mêmes du congrès qu’il a lui-même co-présidé...Je vous signale d’ailleurs que les justifications qu’il a fournies par voie de presse ne concernent nullement la légalité du congrès mais relèvent plutôt d’une appréciation politique et idéologique générale qui lui est toute particulière et que je m’abstiendrai de juger ici. Quoi qu’il en soit, je réitère ce que j’ai déjà dit à votre consoeur Assabah : je suis prêt à considérer cette décision hâtive comme n’ayant pas eu lieu et je demeure, comme l’ensemble de mes camarades de la nouvelle direction, tout à fait ouvert à toute forme de dialogue constructif...

  • Le Temps : Y a-t-il des initiatives envisagées pour réintégrer les dissidents et ceux qui ont été exclus du parti ou l’ont quitté en 1999 ?

Encore une fois, le terme « dissidents » est loin d’être approprié pour les raisons que j’ai déjà exposées... S’agissant des militants qui, pour une raison ou pour une autre, s’étaient trouvés en dehors des structures du mouvement, je ne vois pas pourquoi il faut privilégier la date dont vous avez parlé, car il y a eu d’autres périodes qui ont connu des formes diverses d’éloignement de militants de valeur par rapport à l’activité organisée. Beaucoup d’entre eux nous ont rejoints à l’occasion de la préparation et de la tenue du dernier congrès, d’autres s’apprêtent à le faire de manière spontanée sans avoir besoin d’une quelconque décision de réintégration pour la bonne raison qu’il n’y avait jamais eu de décision d’exclusion. Reste le cas de quelques personnes qui avaient à un certain moment décidé d’adhérer à d’autres partis appartenant à la sphère proche du parti au pouvoir et qui peuvent aujourd’hui avoir tiré les leçons qui s’imposent de leur expérience. Si c’est à ceux-là que vous pensez, je vous dirai que je ne dispose à ce jour d’aucune information précise sur ce point et sur un éventuelle demande de « réintégration ». On avisera donc le moment venu... Dans tous les cas, notre attitude est et restera celle du dialogue, de l’ouverture et de l’attachement à l’unité la plus large dans le cadre du respect des principes politiques et éthiques justes qui sont les nôtres.

Interview réalisé par Néjib SASSI

Journal Le Temps,
Lundi 27 août 2007

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