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Pour une collaboration plus efficace entre l’OMC et l’université tunisienne

dimanche 30 novembre 2008

L’OMC tient actuellement un cycle de formation sur la politique commerciale à Cotonou, au Bénin. Il est destiné aux fonctionnaires des Pays en voie de développement (PED) africains membres de l’OMC. L’objectif principal de ce cours est le check up des fonctionnaires appartenant aux départements responsables de l’élaboration des politiques commerciales dans leur pays.

Ce cours est organisé par l’Institut de Formation et de coopération technique de l’OMC (IFCT). Le Directeur de cet institut est un Tunisien. Il déclare haut et fort qu’il parie et mise au premier plan sur l’université et les universitaires pour assurer, dans les PED, la formation des futurs spécialistes de l’OMC. Nous pensons également la même chose surtout lorsque l’on se réfère aux griefs avancés par les instances internationales vis-à-vis des personnes sélectionnées pour suivre ces formations.

En effet, dans la plupart des cas, on constate que soit le fonctionnaire envoyé la première fois n’est pas choisi pour continuer les formations suivantes, soit le fonctionnaire sélectionné par son pays n’a strictement rien à voir avec le profil recommandé par les instances internationales. Le seul critère ayant présidé à sa sélection serait le clientélisme, soit, enfin, le fonctionnaire ayant suivi une formation sur la politique commerciale par exemple est affecté par la suite au département de la collecte du lait à Bouârada.

Cela dit, la formation de ces fonctionnaires reste indispensable. Mais, chercher à instaurer des partenariats avec les universitaires est de loin plus judicieux. Ces derniers représentent un maillon décisif dans la formation des futurs cadres dans un pays donné. Ils offrent également un sérieux gage de continuité et d’efficacité. Pour cela sans doute, le directeur de l’IFCT souhaite nouer des liens étroits et solides avec le monde universitaire.

Cependant, le ministère de l’enseignement supérieur, et par ricochet le premier ministère, restent insensibles à cet appel de Genève. En témoigne le fait que la candidature de la Tunisie pour accueillir ce cours a lamentablement échoué à cause, semble-t-il, de l’impossibilité pour un établissement universitaire d’avoir un compte en devises. La tenue de ce compte figure parmi les critères déterminants dans la sélection des candidats par l’OMC.

A l’ère de l’excellence et du défi, nul ne comprendrait l’incapacité des pouvoirs publics à s’adapter aux exigences de l’époque et de procéder au toilettage du dispositif normatif, quitte à modifier la politique juridique toute entière en vue de permettre à nos institutions universitaires de prendre part aux activités des instances internationales.

De plus, la réforme LMD, bricolée par le ministère de l’enseignement supérieure à la hâte et sans concertation réelle avec les universitaires, a manqué une occasion de faire de l’enseignement de l’OMC une de ses priorités, en prévoyant des modules obligatoires dans les établissements d’économie, de gestion, de hautes études commerciales et des sciences juridiques. Aussi, devrait-on prévoir un tel enseignement à l’ENA, à l’institut d’études diplomatiques et stratégiques, à l’institut des douanes, etc.

S’associer à l’effort de l’IFCT de l’OMC devient dans ses conditions indispensable. D’autant plus que les programmes de l’OMC, à travers son institut, sont nombreux. L’université tunisienne ne doit pas manquer ce rendez-vous pour s’imposer comme un partenaire privilégié en vue de servir les intérêts des PED. Faire de la Tunisie et de l’université tunisienne une plate forme solide dans la formation des spécialistes contribuera sans doute, avec le concours de l’IFCT, à pallier, un tant soit peu, au manque terrible des spécialistes des PED dans les matières relevant de l’OMC.

Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, que l’on cherche à la soumettre ou à la démettre, l’OMC s’est imposée comme l’institution internationale incontournable dans l’organisation mondiale des échanges. Aucune de ses faiblesses n’est rédhibitoire, puisque ce système repose sur la négociation continue des ses instruments. Il faut tout juste contribuer à former les spécialistes dans les PED qui seraient en mesure de peser ou du moins de comprendre les enjeux des négociations au sein de l’OMC, afin que l’organisation mondiale du commerce ne devienne pas, exclusivement, l’organisation commerciale du monde. Mohamed Merdassi


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